En mai 2026, j’ai eu l’occasion d’explorer pendant un stage de deux jours et demi, la minuscule insulaire et la semi-onciale irlandaise, auprès de Laurent Rébéna, membre fondateur de Calligraphis, un atelier permanent consacré à la calligraphie, au cœur de Paris. 

Minuscule insulaire : issues des formes des écritures cursives romaines minuscules, les minuscules insulaires ont servi pour écrire de textes et des notes dans les manuscrits irlandais et anglais à partir du VIe siècle. Elles seront diffusées sur le continent par les missionnaires anglais et prendront des formes régionales mérovingienne, wisigothique etc…

La semi-onciale sera consacrée à l’écriture prestigieuse alors que la minuscule insulaire, écriture plus rapide, sera utilisé pour écrire les notes.

Aux alentours du VIe siècle les formes de la semi-onciale apparaissent, héritage des formes des cursives romaines de l’antiquité elles se développent de manière régionale. la semi-onciale « continentale » est une écriture de transition qui va mêler minuscules et majuscules, avec une plume tenue presque à plat. Le nord de l’Angleterre et l’Irlande diffusent des formes spécifiques qui atteignent leur apogée dans de célèbres manuscrits tels que le Livre de Kells, le livre de Durrow ou de Lindisfarne.

Le livre de Kells a été et reste toujours un sujet d’étude et de recherche. Il a été démontré que celui-ci a été écrit par minimum trois personnes et que les capitales romaines utilisées montrent une influence des runes scandinaves.

La semi-onciale insulaire nécessite une plume de 1,5 mm et l’outil est tenu très incliné.

Le j et le v ne font pas partie de l' »alphabet ». De ce fait i et j s’écrivent de façon identique, ainsi que u et v.

Petite anecdote, la séparation entre les mots est inventée par les anglosaxons afin de faciliter la lecture des manuscrits.

Cette écriture sera utilisée jusqu’au XIXème siècle, ce qui permet d’insister sur l’appartenance irlandaise dans les messagee politiques.

The book od Durrow

Après plusieurs pages d’essais de l’alphabet issu du livre de Kells, recensé par Laurent Rébéna, ce dernier a proposé de réaliser une composition à partir d’un court texte.

Je me suis inspirée d’un proverbe japonais : Ju-nin, to-iro, ce qui signifie en français dix hommes, dix couleurs, ou en latin de gustibus non disputandum est, soit « en matière de goût, il ne peut y avoir de dispute »

La conclusion de cette première approche est qu’il est urgent de l’approfondir et de la combiner, pourquoi pas, à des motifs celtiques… Affaire à suivre!